Tech City, la Silicon Valley européenne

Tech-city central working_eplaneta.frSous l’impulsion du gouvernement britannique, la Tech City de Londres s’est progressivement imposée comme une véritable Silicon Valley à l’européenne.

C’est en 2010, profitant de l’organisation des Jeux olympiques de 2012 que le East End où une poignée de sociétés du numérique s’était déjà installée, que le premier ministre britannique a décidé de promouvoir et de soutenir ce quartier en investissant 58,2 millions d’euros. Avec la Tech City, comme le souligne David Cameron, l’ « […]ambition est de réunir la créativité et l’énergie de Shoreditch et les incroyables possibilités du Parc olympique pour aider à faire de East London l’un des plus grands centres de technologie du monde ».

Un pôle technologique attractif.

Aujourd’hui plus de 3 000 start-ups ont choisi de s’installer dans ce quartier initialement appelé Silicon Roundabout en référence au Old Street Rondabout (Rond-point) situé entre le centre et le East End. Pour ces sociétés c’est un environnement idéal. A deux pas de la City, bénéficiant d’avantages fiscaux, favorisant l’émulation et concentrant en un seul lieu tout ce dont les start-ups ont besoin pour développer leur business et bénéficiant ainsi plus facilement à terme, si besoin, d’un rayonnement mondial. Car l’état britannique n’est pas le seul à investir. En effet des grands noms du high-tech comme Cisco, Intel, Facebook, Seedcamp, Amazon ou Google s’y sont installés et proposent des services dédiés aux entreprises basés dans le secteur. Google y a par exemple implanté au cœur de ce quartier high-tech londonien son Google Campus. Véritable espace dédié non pas au géant californien, mais aux entrepreneurs de la Tech City… L’idée était pour Google de donner un coup de pouce aux start-ups en leur offrant un espace de coworking, de networking, de conférences et de détente.

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Hall d’accueil de Google Campus

Des espaces de travail adapté.

En partenariat avec Google Campus, Central Working propose un espace de travail collaboratif pour start-up. Dans un cadre au design et décor soigné Central Working propose, pour un abonnement variable selon les services proposés des bureaux, des salles de réunions, wifi mais aussi des aides juridiques, comptables ou marketing. «L’objectif était de fournir un environnement parfait pour de jeunes professionnels bourrés de talent et d’idées formidables», précises Steve Pette, cofondateur avec James Layfield de cet espace de travail créé il y a deux ans.

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Hall d’accueil du Central Working

De jeune start-up prometteuse.

Parmi les 3 000 start-ups installées à la Tech City, c’est dans les locaux de l’incubateur White Bear Yard que les fondateurs de Gocardless.com, Mendeley.com ou encore OpenSignal nous ont présentés leur toute nouvelle société. Venant de différents horizons ces jeunes entrepreneurs dont certains Américains qui ont préféraient la Silicon Rondabout Londonienne bien plus abordable financièrement pour de jeunes pousses que la Silicon Valley californienne. Ambitieux, passionnés et brillants, ces jeunes chefs d’entreprises incarnent le type même d’entrepreneurs qui sont à la base des grandes réussites dans le domaine du numérique et du web.

Un vraie structure administrative.

Que vous soyez investisseur ou entrepreneur et que vous voulez profiter de tous les attraits de la Tech City vous êtes certain de pouvoir trouver un interlocuteur vous permettant de vous aider et vous accompagner dans votre implantation dans la citée londonienne. En effet, créée par David Cameron en 2010, la TCIO (Tech City Investiment Organisation) est l’émanation administrative de cette initiative gouvernementale. Sous l’égide du UK Trade & Investment (UKTI), la Tech City Investiment Organisation n’est dirigée par ni plus ni moins que l’ancienne vice-présidente de Facebook Joanna Shields.

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Joanna Shields Chair and Chief Execitve Office of Tech City Investment Organisation, UK Business Ambassador for Digital Industries

Quel avenir pour la Tech City ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que la Tech City de Londres a bénéficié en peu de temps d’une véritable attractivité. Le nombre d’entreprises s’y installant ayant été multiplié par 10 en 3 ans. Des investissements publics importants, des avantages fiscaux intéressants et un accompagnement privilégié grâce à la TCIO et, mais aussi grâce à la dynamique équipe du UKTI -spécialisé dans l’accompagnement des sociétés françaises du digital désireuses de s’implanter au Royaume-Uni- va amener la Tech City a sans conteste accroître son rayonnement.

Néanmoins, cette fulgurante croissance masque quelque peu certains aspects moins engageants. En effet, si la proximité de la City est un atout, certains aiment à préciser que ce pôle technologique est du mauvais côté de Londres, bien trop éloigné de l’aéroport d’Heathrow. ses détracteurs soulignent également que l’installation de nombreuses entreprises étrangères fait grimper les prix des loyers ne favorisant pas vraiment les start-ups.

L’autre élément gênant est à mon avis le caractère quelque peu artificiel de ce pôle d’activité. La Silicon Valley californienne s’est créée d’elle-même, bénéficiant de l’économie florissante des États unis et « boostés » par l’industrie des technologies de pointe vers les années 70. Après un petit passage à vide le Web 2.0 a redonné un second souffle à cette région du sud de la Californie. La Silicon Rondabout quant à elle est bien plus jeune est ne doit son existante qu’à l’intervention de l’Etat avec un investissement de plus de 58 millions d’euros… Tout manque hélas de naturel, même le nom a été imposé et renommé en « Tech City ». Ce type d’intervention publique dans un marché aussi volatile, versatile et internationalisé est-il pérenne ? Sera-t-elle capable de générer des géants du numérique tels que Google ou Apple ? Nous sommes en droit de nous le demander.

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Hall d’accueil de Yammer, start-up américaine rachetée par Microsoft pour 1,2 milliard d’euros et implantée dans la Tech City depuis quelque temps.

Londrès la seule vraie Silicon Valley européenne ?

Face à la Silicon Valley, l’Europe tente de trouver le moyen de générer un pôle d’attractivité permettant aux entreprises du numérique de bénéficier du même effet d’émulation qui a permis de faire naître ou développer des entreprises comme Google, Amazon, Apple ou Facebook. Aujourd’hui, seules trois grandes villes semblent vouloir concourir pour devenir la vraie Silicon Valley européenne :

Berlin avec ces 2000 start-ups et ses encouragements publics, mais une attractivité limitée. Paris qui n’en est qu’au stade de projet avec notamment l’implantation d’un incubateur d’entreprises dans les Halles Freyssinet dans le 13e arrondissement avec ses 25 000 mètres carrés près à accueillir 1 000 jeunes pousses. Et enfin Londres. Le constat est simple et imparable. Avec sa Tech City Londres bénéficie sans conteste de sérieux avantages face aux autres capitales européennes. Les plus grands noms du high-tech ne se sont pas trompés et la multiplication par 10 du nombre de start-ups s’y étant installées en 3 ans en est une autre preuve. De plus pour une entreprise évoluant dans le domaine du numérique recherche au niveau de son business une image d’entreprise mondiale, et Londres de part son rayonnement international, non content d’être une véritable passerelle vers tous les marchés anglo-saxons est le plus à même de s’ouvrir aux marchés du monde entier, sans parler de la langue qui favorise l’attirance et la concentration des talents issus de tous les pays.

Oui la tech City n’a pas été créé naturellement par le marché et a bénéficié du coup de pouce de l’Etat britannique. Mais malgré cela la Tech City de Londres reste à ce jour, la seule véritable capitale en Europe capable de générer une véritable Silicon Valley européenne !